Les réflexes archaïques sont présents chez le bébé. Ils lui permettent de découvrir son corps, et d’apprendre à l’utiliser. Idéalement, au bout d’un moment, le bébé, à force d’utiliser ses réflexes, n’en a plus besoin, car il a appris à contrôler ses mouvements. Par conséquent, si on observe les réflexes archaïques chez un enfant ou chez un adulte, ils sont supposés ne plus être là, on dit qu’ils sont intégrés. Mais parfois il en reste des traces, plus ou moins importantes, qui peuvent perturber la personne sur 3 plans :

Prenons l’exemple d’un réflexe que beaucoup connaissent :
Le réflexe d’AGRIPPEMENT PALMAIRE ou GRASPING

Vous avez sans doute déjà posé votre doigt dans la main d’un bébé et constaté qu’il le serrait très fort avec sa petite main. Cela se fait tout seul, que le bébé soit éveillé ou endormi, il n’a pas décidé de serrer votre doigt. Ce réflexe va être stimulé au quotidien et le bébé sera ravi de constater qu’il peut avoir un objet dans la main ! Puis, petit à petit, le réflexe va commencer à disparaitre. Le bébé sera frustré de ne pas tenir les choses, alors il apprendra à le faire volontairement. Il devra faire un effort pour savoir utiliser sa main comme il en a envie. A 1 an, si tout se passe pour le mieux, l’enfant a un bon contrôle de sa main, et le réflexe n’est plus présent.

Cependant chez certains enfants ou adultes, si l’on vient stimuler la zone du réflexe sur la paume, la sensation est irritante pour la personne, elle peut avoir envie de fermer son poing, ou bien elle ne peut s’empêcher de crisper son visage ou de bloquer sa respiration. C’est que le réflexe est encore présent ! Cette personne peut être gênée par la présence de son grasping, elle peut par exemple :
-avoir une tendinite au coude à force de crisper excessivement son bras pour contrôler sa main ;
-avoir plus de difficulté à apprendre à jouer d’un instrument que ses collègues ;
-casser sans cesse sa mine de crayon
-avoir des difficultés scolaires car l’écriture la freine ;
-avoir du mal à lâcher prise, comme si elle voulait toujours « tenir avec sa main »,
-se fatiguer avec ses bâtons de ski
– etc.

Anecdotes :
-Ce réflexe est présent également au niveau des pieds (agrippement plantaire)
-Chez le singe, ce réflexe permet au bébé de se tenir à sa mère qui monte dans les arbres, même en étant endormi
-Quand on vous sert la main pour vous saluer, si la personne vous broie la main ou bien que son tact est tout mou, ce peut être un grasping non intégré
-Ce réflexe expliquerait que nous aimons serrer quelque chose lorsque nous sommes stressés (d’où les balles anti-stress)
-Chez le nouveau-né , le réflexe est tellement marqué que l’on peut soulever le bébé via la force de ses poings
-Ce réflexe est déjà présent dans le ventre de la maman, à 2.5 mois de grossesse
Une vidéo de 25 secondes qui montre la puissance du réflexe : https://www.youtube.com/watch?v=moIUcOa0t-w
